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Chronique n° 68 du 28 juin 2019

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Mensonge par omission

Les textes ci-dessus sont tirés de l’hebdomadaire l’Express du 8 avril 2019. Ce ne sont pas des textes publicitaires. Ils constituent une rubrique consacrée à l’automobile. Il y est question de la sortie d’une nouvelle voiture électrique de la marque Kia.

Dans les caractéristiques techniques de ce véhicule une mention a attiré mon attention. Je l’ai encadrée sur l’image : « émission de CO2 : 0 g/km » qui me fait réagir. Elle tend à faire croire aux gens qui ne connaissent rien à le physique (et ils sont nombreux car l’immense majorité des lycéens boude les études scientifiques) qu’en achetant une voiture électrique ils contribuent à la lutte contre le réchauffement climatique, ce qui est tout le contraire dans la réalité comme je l’ai déjà expliqué dans une chronique précédente. Pour être un peu honnête le journaliste aurait dû écrire « émission de CO2 par la voiture elle-même 0 g/km ». Et pour être parfaitement honnête il aurait dû ajouter : « suivant que l’électricité provient d’une source d’énergie renouvelable, d’une centrale nucléaire ou d’une centrale thermique au fioul lourd le rejet de CO2 peut varier de 0 g/km à x g/km pour faire rouler la voiture à pleine vitesse ». A qui a-t-il voulu faire plaisir ?

Aujourd’hui je viens d’entendre à la radio une pub pour une voiture électrique Toyota où l’argument de vente est : émission de CO2, 0 g/km ce qui est délibérément une publicité mensongère. J’espère que des râleurs vont réagir !

Problème posé par l’alimentation des voitures électriques

L’électricité ne vient pas de nulle part. En France elle est produite pour la plus grande part dans des centrales nucléaires. Les écologistes sont contre. Pourtant cette source d’énergie bien française nous permet d’avoir une balance commerciale pas trop déficitaire malgré que nous ne produisions plus grand chose et que nous importions la majorité des produits industriels que nous consommons (acier, télévisions, téléphones portables, ordinateurs, moyens de communication, etc.).

A supposer que l’on remplace des millions de voitures à moteurs thermiques par des millions de voitures à moteurs électriques, il faudra faire face à la nouvelle demande en électricité. Or, aujourd’hui, en période de pointe de consommation, en hiver par exemple, notre production tous moyens confondus, ne suffit pas à satisfaire la demande française car alors on achète de l’électricité à l’étranger.

Il faudra donc construire de nouvelles centrales. Quelles sources d’énergie utiliseront-elles ? Les écologistes nous disent que dans quelques années on aura plein de sources propres, éolienne, solaire et centrale à fusion nucléaire sauf qu’au train où vont les choses la production des deux premières sources n’avance pas vite et que la troisième est toujours à l’étude et ne se laisse pas apprivoiser. Pendant ce temps les centrales nucléaires classiques vieillissent et devront être bientôt mises au rebut. On nous dit qu’il y aura les centrales de nouvelle génération, les EPR sauf qu’on n’arrive pas à les faire fonctionner et que les écologistes n’en veulent pas.

Ceux qui n’y connaissent rien comme Marine Lepen nous parlent des véhicules à hydrogène dont, pour l’instant, la fabrication se fait à partir des combustibles fossiles et qu’elle est très génératrice de CO2. Le procédé propre, l’hydrolyse de l’eau a un très mauvais rendement et le maniement de l’hydrogène n’est pas facile.

Quand on sera en période de pointe de la consommation il faudra un moyen de production souple pour s’adapter aux variations rapides de la demande. Seules les centrales thermiques répondent à la question, d’où un rejet supplémentaire de CO2.

Aujourd’hui, dans le monde la majeure partie de l’électricité est produite à partir des centrales thermiques. Il n’y a pas de raison que ça change dans un futur proche. Comme je l’ai déjà expliqué, à cause des pertes de rendement depuis le lieu de fabrication de l’électricité jusqu’à son utilisation dans le moteur électrique des voitures, à puissance égale une voiture électrique est responsable d’un rejet réel de CO2 dans l’atmosphère plus élevé qu’un moteur à combustion interne. Donc malgré une certaine récupération d’énergie lors du ralentissement des véhicules électriques un effet pervers du remplacement des voitures actuelles par des voitures électrique est l’augmentation globale du rejet de CO2 dans l’atmosphère à moins que l’on ne commercialise que des voitures de faible puissance. Puissance à déterminer.

Qu’en est-il de la KIA ?

Apparemment, on n’en prend pas le chemin car la puissance du modèle KIA ci-dessus est de 200 CV. La forte puissance est un argument de vente : « vous voyez chers clients, les voitures électriques sont aussi puissantes et aussi grosses que les voitures à moteur essence ou diesel ». D’ailleurs on remarque que la consommation moyenne proposée de cette auto est de 15,9 kWh/100 km ce qui signifie que dans ces conditions la puissance moyenne utilisée pour réaliser cette performance (sachant que 1 CV = 750 W = 0,75 kW) est de 15,9/0, 75 = 21 CV seulement. Ce qui permet d’annoncer une autonomie de 455 km pour une durée de fonctionnement de 64/15,9 = un peu plus de 4 heures à une vitesse moyenne d’environ 110 km/h. Tout cela est cohérent avec les chiffres annoncés. C’est presque trop beau pour être vrai !

Mais alors pourquoi construire une voiture de 200 CV si c’est pour la faire rouler en moyenne au dixième de sa puissance ? Quelle sera son autonomie si on la fait rouler au quart ou à la moitié de la puissance du moteur ? Pas très grande. Un fou du volant risque d’être déçu.

Optimisme et effet pervers

Les voitures électriques ne peuvent avancer que si l’électricité est stockée dans des batteries, pour l’instant produites presque exclusivement en Chine. Leur fabrication est très polluante et productrice de CO2. On espère les réaliser en France pour être indépendants. Au vu de leur durée de vie et en considérant ce que l’on sait aujourd’hui, dans trente ou quarante ans il faudra recycler chaque année au moins un million de ces objets encombrants ce qui ne sera pas une mince affaire. Les optimistes prédisent que d’ici que le monde en soit arrivé là on aura développé les piles à hydrogène et des technologies propres et peu gourmandes d’énergie pour produire et stocker l’électricité. Peut-on prédire les effets pervers qu’elles provoqueront ?

Un effet pervers parmi d’autres est dû à la simplification de la mécanique propulsive. Plus de moteur à explosion et ses dizaines de pièces aux dimensions ultra précises, plus de boîte de vitesse et ses engrenages, plus d’embrayage. Le tout est remplacé par un moteur électrique, dont l’usinage et le montage peuvent être entièrement automatisés, suivi d’un réducteur qui ne comporte que quelques engrenages. L’entretien des véhicules électriques est assuré plus simplement. Donc moins d’ateliers de fabrication, d’assemblage, d’entretien, et de sous traitants. Donc plein de personnels hautement qualifiés au chômage sans espoir de réemploi. Ils viendront grossir le monde des « feignants » et on les en blâmera.

Qui les nourrira ?

La voiture électrique comme toutes les avancées technologiques d’aujourd’hui provoquera une nouvelle vague de paupérisation dans la population des pays développés, donc en France. D’aucuns s’en réjouiront en expliquant que la suppression des emplois dans un secteur provoque la création d’emplois dans d’autres secteurs. On sait ce qu’il en est. Le solde est toujours négatif !

Prochaine chronique le 12 juillet 2019

 

 

 

 

 

 

 

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