A propos de Gauguin

Chronique N° 24 du vendredi 20 octobre 2017

L’origine des maux du monde (suite)

Je n’irai pas voir le film ‘Gauguin’. Pourquoi ?

Parce que ce que je sais du personnage me dégoûte. Pourquoi ?

Parce qu’il représente ce que je déteste le plus !

Qui était Gauguin ?

D’après ce que j’ai lu de lui il a commencé par bien boursicoter et gagner agréablement sa vie. Un jour il a rencontré un peintre qui l’a initié à son art et voilà notre personnage qui est victime d’une révélation : sa vocation c’est la peinture. A partir de ce moment il est devenu un homme ‘moderne’, libre dans sa vie comme dans son art. C’est à dire qu’il s’est cru obligé de faire n’importe quoi, façon anar, en se moquant totalement de la conséquence de ses actions sur les autres : « il est devenu un artiste ».

Le crime du mâle

Donner la vie, ce n’est pas faire un cadeau. Bien au contraire. Il en résulte que les parents n’ont que des devoirs envers leur progéniture. Ils doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour la protéger et l’aider dans la vie. C’est ce que font les parents responsables. C’est ce que ne font pas les autres, les égoïstes, en particulier des hommes. Celui qui va naître peut être handicapé à la naissance physiquement ou psychiquement. Même s’il est normal et intelligent il peut être soumis à toutes sortes de malheurs. Le seul fait d’être élevé par une mère abandonnée seule et sans défense plus ou moins miséreuse qui se trouve sous la pression d’une société dure et intolérante peut en faire un pauvre gosse et un adulte qui ne sera jamais bien dans sa peau, éternellement rancunier à l’encontre du monde qui l’entoure. Ce qui est une position parfaitement inconfortable dans la vie pour le semi-orphelin.

Aussi, à mes yeux donner la vie sans l’assumer est un crime presque aussi grave que de l’ôter par un meurtre ou un assassinat.

Je sais que cette position n’est pas politiquement correcte car pendant des siècles jusqu’à aujourd’hui des hommes ont engrossé des femmes pour leur plaisir et ensuite se sont débinés, fuyant leurs responsabilités sans qu’on trouve à y redire sauf envers les femmes. Il représente l’égoïsme absolu des mâles, mais comme ce sont eux qui ont fait la morale, il n’y a rien à critiquer. Quand ils se comportent mal envers les femmes et ce qu’ils ont engendré en fuyant leur responsabilité, ils trouvent toujours de bonnes ou de mauvaises raisons pour se dédouaner car avec des mots tout est possible !

Il n’empêche que ce sont des salauds !

Et Gauguin là-dedans ?

La tradition nous dit que pour pouvoir barbouiller à son aise il a abandonné sa femme, ses cinq enfants et celui qu’il avait fait à une couturière parisienne pour aller jouer à l’artiste néocolonisateur pédophile, alcoolique, drogué et vérolé à Tahiti puis ensuite aux Iles Marquises pour finir par y crever comme une loque. Sa réputation aux Marquises est exécrable. La-bas, en plus de celui qui est reconnu, combien a-t-il laissé d’enfants illégitimes ?

Jean René Gauguin, un de ses fils, artiste céramiste lui-même, a dit qu’il ne pardonnerait  jamais à son père d’avoir abandonné sa mère et par conséquent sa progéniture dont il s’est probablement attiré la haine. On ne peut être plus clair sur la portée psychique de l’acte d’abandon.

Une femme, Laure Dominique Agniel, dans son livre ‘Gauguin aux Marquises, l’homme qui rêvait d’une île’ tente de réhabiliter l’homme. Elle prend sa défense : Gauguin ne buvait pas outre mesure, seulement un litre de vin par jour et un litre de rhum par semaine qu’il partageait avec ses amis, ce qui était quand-même suffisant pour le rendre alcoolique ; on a retrouvé de ses dents au fond d’un puits dont l’analyse atteste qu’il n’était pas syphilitique ; tout le monde là-bas était pédophile donc personne ne l’était parce que cela faisait partie des mœurs des colons et des naturels. Elle n’évoque pas l’abandon des enfants. C’est justement là où, pour moi, réside le crime du peintre.

Il a lui-même reconnu dans une lettre que les enfants n’étaient pas son problème mais plutôt un obstacle à sa vocation. Il est donc indéfendable : il a sacrifié des personnes au profit d’une lubie.

L’utilité de l’oeuvre

La question que l’on peut se poser est : est-ce qu’au moins l’humanité a tiré un bénéfice de son comportement d’artiste asocial ? La réponse est NON !

Sur le plan artistique je ne me prononcerai pas. L’art contemporain m’a tellement habitué à voir des ‘oeuvres’ qui sont objectivement des horreurs ou des barbouillages insignifiants glorifiées par toutes sortes de gens autorisées que je finis par les trouver agréables à regarder. Il en est ainsi pour les peintures de Gauguin. L’habitude est très mauvaise conseillère car quand on ne peut pas faire autrement on s’habitue à tout, même à l’odeur de la merde !

Van Gog n’a rien vendu de son vivant. Gauguin a vendu quelques peintures à des prix le plus souvent dérisoires si bien qu’il était en perpétuel manque d’argent donc de nourriture. Il ne faut pas oublier qu’à sa mort personne n’a cherché aux Iles Marquises à s’accaparer de son travail ou à le sauver en y voyant un monument ou un trésor. Et si un fonctionnaire nommé Victor Segalen, un peu branché et artiste, n’était pas passé par là par hasard tout aurait été perdu. L’humanité en aurait-elle été plus triste pour autant ?

On nous dit : sa peinture a ouvert la voie à d’autres artistes pour concocter l’art contemporain. Oui, et alors ? N’est-ce pas un peu dérisoire ? Non, proclament les parasites des gens très riches que sont les marchands d’art ! Ils ont raison. Ils ont pu faire fortune en vendant à des prix déraisonnables des oeuvres, tableaux (des croûtes ?) ou sculptures qu’ils avaient acheté pour des clopinettes. Il faut leur tresser des lauriers pour leur don de divination ou pour avoir su orienter le marché dans le sens qui leur convenait. Chapeau bas, messieurs dames, chapeau bas car le système continue !

Où est la vérité en matière d’art ? A l’époque du début des impressionnistes des gens se sont écharpés autour de leurs oeuvres puis les admirateurs de l’art ancien ont été disqualifiés. On les a classés dans la catégories des vieux schnocks rétrogrades admirateurs de l’art ‘pompier’ au nom de la modernité. Ils ont été balayés de la scène artistiques au profit de gens qui ont eu le droit de dire et de faire n’importe quoi pourvu que ce soit MODERNE, sélectionnés et encouragés par les marchands d’art. Il ne faut jamais oublier que les mots peuvent faire prendre des vessies pour des lanternes surtout en cette matière où il n’existe pas de vérité !

Si Gauguin était né un siècle plus tôt, il n’aurait jamais percé et aurait été enfoui au fond des oubliettes de l’histoire avec les médiocres. Il a peint au début d’une époque où tout était devenu possible. Comme Van Gog, il n’en a pas profité, mais son oeuvre a été portée aux nues par la postérité. Il a sacrifié ses enfants à la poursuite d’un rêve vide qui n’a pas modifié d’un iota la condition humaine. Il a seulement intrigué et amusé les gens ‘éduqués’, ‘cultivés’ et friqués et il continue. A-t-on le droit de le comparer à des types comme Pasteur, Flemming ou Crick et Watson et de faire autant de bruit autour de lui ?

De par sa notoriété, Gauguin fait partie à son échelle de ces personnages criminels tels Alexandre dit Le Grand, Louis 14 dit le Roi Soleil, ou Napoléon dit le Grand en opposition à l’autre dit le Petit, que l’histoire a retenus et glorifiés parce qu’ils ont ‘réussi’ une ‘oeuvre’ en oubliant ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui les dégâts collatéraux provoqués par leur existence.

Les gens modestes ont la vision sélective et la mémoire courte. Ils courent admirer dans les expositions, les musées, les monuments historiques comme le château de Versailles ce qu’il est convenu d’appeler des œuvres d’art qui ont poussé sur une sorte de fumier constitué au cours du temps par leurs semblables spoliés, exploités et martyrisés.

Les capitalistes et l’art

Récemment un tableau de Gauguin a été vendus 300 000 000 $ (soit quinze mille années de salaire d’un employé payé au SMIC) à un émirat du Golfe. Comment justifier qu’un rectangle de toile barbouillé de la peinture de quelques tubes puisse atteindre une telle valeur ?

Parce qu’il représente le génie humain ? Il ne faut pas rigoler. Un ordinateur qui réalise des milliers d’opérations par seconde, un Airbus de plus cinq cents tonnes qui emporte des centaines de passagers sur des milliers de kilomètres, une sonde qui va visiter un satellite de Saturne après un voyage de plusieurs années, oui, ils représentent le génie humain !

Un tableau de Gauguin que je ne voudrais pas accrocher dans mes toilettes peut paraître amusant, intéressant, curieux mais certainement pas génial d’autant qu’il est probable que d’autres artistes ont pu faire le même genre de travail à la même époque sans qu’ils soient reconnus.

Aucun raisonnement logique ne peut justifier l’achat pour des millions d’euros d’une ‘oeuvre d’art’. Cela défie le bon sens des gens modestes. C’est de la folie pure et simple qui pourrait justifier un internement en hôpital psychiatrique. Des gens riches, super riches et hyper riches, des capitalistes sont fous : les sommes d’argent colossales qu’ils possèdent les rendent maboules.

Comment peuvent-ils justifier la ruine de milliers de gens qu’ils ont mis au chômage pour pouvoir acheter de pareilles offenses aux valeurs humaines ? Et pourtant ils ne manquent pas d’admirateurs et d’envieux dans toutes les classes de la société !

Ce que  j’écris, je le pense. J’en ai le droit car mes sentiments valent bien ceux de n’importe quel faiseur d’opinion reconnu pour son autorité !

Prochaine chronique le vendredi 6 novembre 2017

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